Le 8 mars, nous soulignons la Journée internationale des femmes.
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Mais d’où vient cette journée et que signifie-t-elle en 2026?
La Journée des femmes trouve ses origines dans les mobilisations du début des années 1900 visant à faire avancer les droits des femmes, le droit de vote et de meilleures conditions de travail. À l’origine, il s’agissait d’un mouvement né en Europe, fortement influencé par les mouvements ouvriers de gauche qui revendiquaient de meilleures conditions pour les travailleuses, avec des figures marquantes comme Clara Zetkin et Rosa Luxemburg.
Dans les années 1910, les appels à l’action se sont étendus à travers l’Europe et les Amériques, alors que de plus en plus de femmes se mobilisaient pour réclamer leurs droits. Par exemple, en 1919, au Québec, les ouvrières de l’usine Eddy Match Company à Hull ont mené une grève.
[Grève des ouvrières de la Eddy Match Company à Hull, Québec, 1919]
Tout au long du XXe siècle, les commémorations en l’honneur des luttes des travailleuses et des grèves ouvrières ont commencé à être adoptées; à la fin des années 1910 en Europe et aux États-Unis, dans les années 1920 en Asie et dans les années 1930 en Amérique latine. Toutefois, ce n’est qu’en 1975 que l’ONU a officiellement reconnu cette journée comme la Journée internationale des femmes. Sans même mentionner le fait que, bien avant que les femmes blanches n’entrent massivement sur le marché du travail (hors de la maison), les femmes noires et racisées « travaillaient » déjà (si l’on peut appeler l’esclavage et le travail forcé du « travail ») hors de leurs maisons depuis des siècles, et ce, sans aucun « droit ». Même si cette journée est maintenant largement reconnue, on perd souvent de vue ses origines et les raisons pour lesquelles elle demeure importante. Lorsque nous voyons aujourd’hui, par exemple, des promotions et des soldes utilisant la Journée des femmes comme stratégie marketing, est-ce que l’on rend réellement hommage à l’histoire et aux luttes qui ont mené à ce mouvement? Lorsque nous parlons des droits des femmes, parlons-nous de toutes les femmes? Lorsque nous « célébrons » les femmes, nous ne devons pas perdre de vue la commémoration des femmes russes qui, en 1917, sont descendues dans la rue pour protester contre la répression violente de l’État en réclamant « du pain et des roses ». Ce sont des femmes qui se sont levées contre la violence et qui ont organisé la lutte pour les droits du travail, plusieurs y ont laissé leur vie. Cette histoire ne devrait pas être récupérée ni transformée en produit pour la consommation capitaliste.
Le 10 mars marque aussi la Journée nationale de repos pour les femmes noires, qui vise à reconnaître le travail invisibilisé et la résilience que l’on attend trop souvent des femmes noires. Nous encourageons les organismes communautaires, les milieux de travail et les syndicats à accorder cette journée de congé aux femmes noires et aux personnes féminines noires de leur équipe afin qu’elles puissent prioriser leur bien-être et prendre soin d’elles-mêmes ce jour-là (et tous les jours).
Le 10 mars marque également l’anniversaire du décès de Harriet Tubman. Tubman était une abolitionniste noire et combattante pour la liberté qui a organisé un réseau de maisons sûres, le Underground Railroad, permettant à des personnes réduites en esclavage dans le Sud des États-Unis de fuir vers la liberté dans le Nord pendant la guerre de Sécession. Tubman a été une défenseuse infatigable de la libération, des peuples noirs, des femmes et de tous les peuples. Militante des droits humains, elle est reconnue pour son courage, sa résilience et son engagement inébranlable. Tubman est aussi un exemple de ce que l’on pourrait appeler la « manifestation ». Pas au sens de manifester une nouvelle voiture ou un nouvel emploi, mais plutôt comme une personne qui savait que d’autres mondes étaient possibles, et qui a transformé cette vision en réalité en travaillant activement pour y parvenir. C’est ce que nous voulons dire lorsque nous parlons d’incarner ses valeurs. C’est ce que nous voulons dire lorsque nous parlons de rêver à de meilleurs futurs. Aujourd’hui, nous rêvons (et nous nous battons activement) pour la libération de tous les peuples, du Congo à l’Iran, de la Palestine au Soudan, du Minnesota au Venezuela, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.
En 2026, la violence envers les femmes et les filles demeure une réalité partout dans le monde, les femmes BIPOC, queer et trans étant particulièrement à risque. C’est pourquoi les espaces destinés aux personnes QTBIPOC demeurent essentiels, comme notre prochain Atelier/C organisé pour les personnes de la communauté QTBIPOC+. La violence n’est pas seulement physique et individuelle : elle est aussi structurelle, dans les lois, les politiques, les pratiques et les processus. Lorsque nous parlons de « protéger les femmes et les filles », il faut se demander : de qui et de quoi les protégeons-nous?
Pourquoi cela concerne aussi le milieu communautaire?
Au-delà du fait évident que les droits des femmes sont des droits humains, cela nous concerne parce que le sous-financement chronique du secteur communautaire est directement lié aux enjeux d’équité de genre et à la dévalorisation du travail des femmes. On sait que les femmes gagnent encore moins que les hommes, un écart encore plus marqué pour les femmes racisées. Mais plus largement, l’ensemble du secteur communautaire est sous-rémunéré. Ce n’est pas seulement dû à l’affaiblissement du filet social de l’État, mais aussi à la nature même du travail accompli dans ce secteur. Les organismes communautaires et les OBNL effectuent du travail de care. Tout comme le travail reproductif (souvent non rémunéré) qui se fait au sein du foyer, ce travail est sous-valorisé parce qu’il a historiquement été effectué principalement par des femmes et qu’il est souvent perçu comme un « travail d’amour ». Oui, nous aimons notre travail et notre mission, mais cela ne signifie pas que ce travail est moins exigeant ou qu’il devrait être moins rémunéré. Le personnel du secteur communautaire est souvent poussé à ses limites parce que, « si nous croyons à la mission », nous ne devrions pas nous plaindre de l’épuisement professionnel. On nous propose souvent du financement par projet plutôt que du financement permettant de couvrir les salaires, comme si tout ce travail relevait simplement du bénévolat et de la bonté de notre cœur.
Nous pourrions citer des centaines d’études expliquant pourquoi le travail des femmes est sous-valorisé et pourquoi l’équité de genre n’est toujours pas atteinte, mais ces ressources sont faciles à trouver ailleurs. Nous préférons plutôt proposer quelques pistes de réflexion à la sauce COCo.
Et maintenant?
Même si nous ne pouvons peut-être pas déclencher la révolution (pas encore), plusieurs actions concrètes peuvent faire avancer l’équité dans le milieu communautaire. La transparence salariale et l’équité sont évidemment importantes, mais comme ces questions devraient déjà être traitées, nous proposons ici d’autres pistes.
- Votre organisme soutient-il les personnes enceintes et les parents grâce à une politique complète de congé parental? En 2020, COCo a entrepris un processus pour rendre sa politique plus accessible et plus équitable pour les parents qui accouchent et ceux qui n’accouchent pas. Un autre exemple concerne l’accessibilité aux services de garde : offrir un service de garde lors d’événements ou prévoir un espace pour nourrir les bébés peut grandement faciliter la participation des parents. Nous ne parlons pas de grossesse ou de garde d’enfants comme d’un « enjeu de femmes », mais bien comme d’un enjeu collectif, même si ces responsabilités continuent souvent de reposer sur les épaules des femmes.
- Offrir une assurance santé couvrant des besoins comme les soins liés à la ménopause ou adopter des politiques sensibles aux réalités des personnes menstruées pendant la journée de travail sont aussi des pas vers l’équité.
- Mettre en place des politiques claires sur l’utilisation des pronoms et du langage inclusif peut également avoir un impact réel.
- Vous pouvez aussi réfléchir à des horaires de travail flexibles, non seulement pour les parents, mais pour l’ensemble du personnel qui prend soin d’autres personnes dans leur famille ou leur communauté.
- Chez COCo, nous avons aussi des heures communautaires rémunérées, qui permettent aux membres de l’équipe de participer à des manifestations, à des mobilisations ou à du bénévolat afin de soutenir leurs communautés.
- Nous offrons également des congés flottants, qui permettent aux membres du personnel de prendre congé pour souligner une fête ou une journée importante pour eux (comme la Journée nationale de repos pour les femmes noires).
- Nous avons aussi repensé nos pratiques d’embauche, par exemple en anonymisant les candidatures afin de réduire certains biais inconscients. Reconnaître que nous pouvons involontairement reproduire des pratiques inéquitables est un premier pas pour y remédier.
Des politiques et des processus réfléchis, mis en place avec intention, constituent un excellent point de départ. Si vous souhaitez adopter une approche ancrée dans vos valeurs, vous pouvez demander un appel exploratoire avec notre équipe des services pour discuter de nos offres en développement et révision de politiques. (Et non, nous n’écrivons pas ceci pour vendre des services sous prétexte de la Journée des femmes 😂 — mais parce que nous croyons que des processus réfléchis peuvent réellement faire une différence.) Si vous souhaitez explorer des subventions destinées à des projets et organismes qui œuvrent pour l’équité de genre et l’avancement des femmes, vous pouvez remplir notre formulaire pour accéder à Grant Connect, un service gratuit donnant accès à une bibliothèque de sources de financement.
Nous ne sommes pas encore au bout du chemin pour rendre notre milieu de travail pleinement équitable. Mais nous continuons d’apprendre, de nous adapter et de réfléchir afin d’incarner les valeurs qui nous tiennent à cœur.
Nous espérons que ces réflexions pourront vous aider à amorcer des changements dans votre organisation afin que ces initiatives créent un effet d’entraînement dans l’ensemble du secteur et que nous puissions enfin mieux reconnaître la véritable valeur de notre travail.
Quelques ressources pour approfondir le sujet :
Outre Grant Connect, vous pouvez également trouver des sources de financement sur :
Si vous avez besoin d’aide au Québec, veuillez contacter :
- Refuges et ressources contre la violence domestique: Refuges au Québec
Aide juridique
Harcèlement sexuel
Si vous souhaitez en savoir plus sur les femmes marginalisées et les luttes des personnes LGTBQ+ pour l’égalité, soutenez des organisations telles que :
Si vous souhaitez en savoir plus sur les femmes marginalisées et les luttes des personnes LGTBQ+ pour l’égalité, soutenez des organisations telles que :



